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L'obésité
confirme sa progression en France
AFP
19.09.2006 - 7:49
L'obésité
continue à progresser en France, où l'on
dénombre
5,9 millions d'obèses --soit 2.347.000 de plus qu'il y a
neuf
ans-- et même si cette courbe tend à ralentir, ce
n'est
pas le cas des formes les plus graves, selon une enquête
baptisée ObEpi publiée mardi.
A l'instar de nombreux
pays, la France grossit. Elle compte désormais au total
près
de 20 millions (19,81 millions) de gens en "surpoids" ou
obèses.
En neuf ans, la
population a grossi en moyenne de 2,1 kg et grandit de 0,4 cm, et son
ventre s'est arrondi de 3,4 cm en moyenne.
"L'enquête
ObEpi 2006
chiffre l'effet générationnel", commente
auprès
de l'AFP le Pr Arnaud Basdevant, spécialiste de la nutrition
(Hôtel Dieu, Paris) qui a coordonné
l'étude avec
le Dr Marie-Aline Charles, épidémiologiste
(Inserm).
"Toutes les
générations sont touchées, mais on
devient obèse
de plus en plus tôt, ce qui fait craindre des
conséquences
plus importantes et plus précoces pour les jeunes
générations", explique-t-il.
La fréquence de
l'obésité, considérée comme
une épidémie
par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), reste
inversement proportionnelle aux revenus (près de 19% dispose
de moins de 900 euros, 18% entre 2.900 et 1.200 euros, contre moins
de 5% à partir de 5.301 euros).
Aucune région
n'est épargnée par la progression de
l'obésité
mais le Nord reste la plus fortement touchée en 2006 (18,1%)
suivie par l'Est (14,1%) et le Bassin Parisien (13,4%).
L'enquête ObEpi
2006, réalisée par TNS Healthcare Sofres
auprès
de 23.747 adultes (15 ans et plus) et financée par la firme
Roche (Institut Roche de l'Obésité), est la 4e
après
celles de 1997, 2000 et 2003.
Si au cours des trois
dernières années on constate une
ébauche de
ralentissement de la progression de l'obésité (+
9,7%
en 2006 par rapport à 2003 contre +17% entre 1997 et 2000 et
entre 2000 et 2003), les formes graves progressent elles toujours
régulièrement (de 0,3% en 1997 à 0,8%
en 2006).
"On voit de plus en
plus de formes majeures d'obésité, les plus
dangereuses
pour la santé, en particulier chez les jeunes. Le
système
de santé doit s'attendre à accueillir de plus en
plus
d'obésités graves, y compris parmi les plus de 65
ans",
avertit le Pr Basdevant.
Selon Mme Charles, "pour
la génération née à la fin
des années
70, la prévalence (fréquence) de 10%
d'obèses
sera atteinte vers l'âge de 30 ans, alors qu'une proportion
similaire a été atteinte vers 45 ans pour ceux
nés
dans les années 50 et vers 70 ans pour ceux nés
dans
les années 20".
L'obésité
progresse plus vite chez les femmes, une différence d'avec
les
hommes relevée essentiellement avant 45 ans.
En revanche, depuis
trois ans la fréquence du surpoids se stabilise mais
concerne
tout de même environ 13,9 millions de Français de
15 ans
et plus (29,2% d'entre eux).
L'augmentation du tour
de taille, qui ne devrait pas excéder 100 cm pour les hommes
et 90 pour les femmes, reflète une plus grande
fréquence
d'un excès de graisse abdominale, directement
associé à
un risque cardio-vasculaire accru.
Parmi les 65 ans et
plus, la proportion d'obèses est plus importante que dans la
population générale (16,5% contre 12,4%),
même si
elle diminue parmi les plus âgés (11,6% chez les
80 ans
et plus).
"Un obèse a
dix fois plus de risque d'être traité pour trois
facteurs de risques vasculaires (diabète, hypertension,
anomalies des graisses du sang...) qu'une personne de poids normal",
rappelle le Pr Basdevant.
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